Bonjour Monsieur le Député,
1) Au titre de ma participation au Grand débat, je vous communique en PJ le courrier au Président de la République et son annexe, publiée sur mon blog.
2) J'ai renoncé à participer au Grand Débat, via le questionnaire sur INTERNET qui est à mes yeux une vraie "foutaise", avec des questions orientées et conçues toujours par ces mêmes technocrates qui vivent hors sol. En ce qui me concerne le mal profond du pays réside dans ces armées de technocrates qui se cooptent entre eux  et confortent continuellement leur pouvoir exorbitant, en négligeant, ou bafouant trop souvent leur noble mission au service du pays, avec la complicité de la classe politique, incapable de leur imposer les trajectoires vertueuses pour le pays et sa population. Nos brillants technocrates, certes intelligents, dominent la classe politique censée représenter le peuple et donner les orientations pour le "bien vivre ensemble". Cette situation très regrettable, où le politique subit la loi des technocrates, s'il n'est pas parfois de mèche avec eux, engendre par ailleurs un surcroît de normes de toutes sortes qui paralysent le pays en bridant l'initiative et la prise de risques, pourtant indispensable à la production des richesses dont nous avons besoin.
Là réside la clé du problème, le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple, en écartant tous ceux qui se revendiquent de l’intérêt général pour satisfaire d'abord leur intérêt particulier, ou catégoriel, ou corporatiste. Evidemment l'histoire est là pour nous rappeler que cette vision n'est que pure utopie, et que les quelques individus animés par le strict respect et amour de l'intérêt général et de la démocratie - ça existe heureusement - ne font pas le poids par rapport à l’égoïsme triomphant des autres.
Aucun grand débat ne résoudra cette équation, tant que les hommes ne se mobiliseront pas tous pour le bien vivre ensemble, en remisant leurs ambitions personnelles. L'ambition n'est certes pas une tare, se préoccuper de sa réélection et de sa carrière professionnelle est légitime, à condition de ne pas faire passer ces préoccupations au premier plan, avant l'intérêt général  !
Au delà des grandes phrases et des envolées lyriques  stériles, je voudrais , au tire de ma participation au grand débat, par votre intermédiaire, en sus de ma contribution adressée au Président de la République et publié sur mon blog, lister quelques inepties, parmi beaucoup d'autres.
1) Les finances de l'Etat et l'environnement
Comment nos technocrates et notre classe politique peuvent-ils justifier la dérive de la dette qui s'établit aujourd'hui à 2 300 Milliards d'€ et génère chaque année quelques 41 Milliards de frais financiers ? Comment expliquer que chaque année le déficit budgétaire avoisine les 8O Milliards d'€, en continuant à creuser la dette qui de facto nous enlève toutes marges de manœuvre financières. Songez que la charge de la dette représente environ près de 10 % du budget global de la nation, et que le recours à la dette sert en grande partie à payer des dépenses de fonctionnement ! N'importe quel mère ou père de famille sait qu'on ne peut indéfiniment vivre au dessus de ses moyens sans encourir la faillite. Reconnaissons à François FILLON de l'avoir exprimé clairement. J'ai honte de laisser à mes 5 petites filles cet héritage là.......sans parler de l'héritage dramatique d'un environnement saccagé ! 
Quand Monsieur le Président, Messieurs les Députés, Sénateurs, Monsieur le Premier Ministre et le gouvernement, songerez vous à assainir les finances du pays et lutter enfin sérieusement contre la destruction de notre environnement naturel en mobilisant vos énarques et polytechniciens pour cette juste cause ?
 
2) La paralysie des normes 
Pourquoi multipliez vous les normes de toutes sortes qui asphyxient le pays et brident l'initiative des acteurs économiques, éducatifs et sociaux ? Par exemple, de mon temps, nous profitions du ski scolaire avec des moniteurs qui nous enseignaient le ski et nous apprenaient à vivre en société. Aujourd'hui, si ce type d'activité n'a pas entièrement disparu, il est en forte régression parce que les instituteurs et les encadrants ont la légitime "frousse" de se retrouver au tribunal en cas d'accident ? Ancien secrétaire d'un Syndicat Intercommunal des Affaires Scolaires et Culturelles , j'ai pu observer cette frilosité et crainte auprès des professeurs . Il nous faut retrouver le goût du risque, l’esprit d'entreprendre, l'esprit d'initiative et libérer les énergies de tous les acteurs.
 
Idem pour les commissions de sécurité d'arrondissement. Je suis trésorier d'une association qui gère un Centre de Vacances. Le représentant du Préfet, qui au lieu d'assister et d'encourager les bénévoles dans leurs missions difficiles au service de la jeunesse, les toise , les traite sans aucun égard, et les menace de fermeture de l'établissement.  240 000 € d'€ de mises aux normes nous sont imposés pour une capacité d'investissement annuelle de 12 000 €, générés uniquement à travers le bénévolat de quelques "résistants". Mais ce fonctionnaire zélé risque d'avoir leur peau sous peu, et sans bénévoles, plus de Centre de Vacances et plus de colonies de Vacances dans ce lieux idyllique, pour nos enfants ! Voilà un pur produit de notre technocratie,coupé des réalités du monde, installé confortablement dans son bureau à produire des rapports qui le dédouaneront en cas d’incident ou d'accident ! Je peux aussi évoquer le refus des officiers du SDIS, censés connaître la législation et la réglementation en matière de protection incendie des établissements recevant du public, de produire des avis écrits, en se retranchant derrière les contrôleurs techniques qui facturent des sommes astronomiques à chaque intervention. La prévention oui, pas la frilosité, la gabegie et le parasol !
Evidemment, je pourrais multiplier les exemples de cette inflation de normes et de cette dérive de l'administration.
Quand Monsieur le Président, Messieurs les Députés, Sénateurs, Monsieur le Premier Ministre et le gouvernement, songerez vous à revenir à une vie normale, au bon sens élémentaire, à des relations normales et apaisées entre autorités et citoyens, dirigées vers le développement du pays et le "bien vivre ensemble".
 
3) La retraite
Le Président nous répète régulièrement lors de ses interventions à la télévision que les actifs, à travers leurs cotisations paient la pension des retraités parce que notre système, que nous voulons conserver, est basé sur la solidarité entre les générations. C'est le système de la répartition, par opposition à la capitalisation. Bien, cela est fort juste, mais je crains que les Français n'en n'ont rien à faire de cette explication. Les Français aujourd'hui retraités, dont je fais partie, ont pour la plupart travaillé et cotisé pendant 40 à 45 ans, souvent pour des retraites très peu confortables, pour certains même insuffisantes pour subvenir aux besoins élémentaires de l'existence. Croyez vous  que ce discours sur la technique financière  les intéresse. C'est encore une fois un discours de "technocrates", que la plupart ne comprennent pas, même si l'explication, est juste. Elle est un affront au bon sens élémentaire. Les français ont cotisés toute leur vie, et aspirent légitimement, au moment de leur retraite, à bénéficier d'un juste retour de leurs efforts et de leurs cotisations. C'est aussi simple que cela, et là le discours du Président, n'est pas audible. Il est stérile et alimente l'incompréhension générale.  Pour ma part j''ai été fonctionnaire territorial , en charge au gré de ma carrière, de la gestion du personnel et des finances. Je dis cela pour dénoncer, là aussi la vision technocratique de la gestion des systèmes de retraite. Que croyez vous que faisaient nos élites, toujours sous la responsabilité ou l'approbation de nos élus, pour équilibrer les différents régimes de retraite, notamment celui déficitaire de la SNCF. Tout simplement ils ont fait voter une loi qui imposait à la CNRACL (Caisse de retraite des agents des collectivités locales), et à d'autres caisses,  de reverser une partie des réserves constituées pour garantir les retraites futures, à la SNCF et autres régimes déficitaires. Par conséquent la mairie de STOSSWIHR, la mairie d'INGERSHEIM, la mairie de COLMAR, mes employeurs successifs, ont contribué à payer les retraites des cheminots ! Quelle ineptie, quelle injustice quant on connaît par ailleurs le niveau des retraites servies par ces régimes spéciaux, et quelle vision à court terme déclinée par nos experts et élites !
Evidemment en puisant allègrement dans ces réserves, avec l'approbation du législateur, la CNRACL a été obligée régulièrement d'augmenter les cotisations salariales et patronales pour maintenir l'équilibre du régime. Et aujourd'hui on augmente la durée de cotisations, sous prétexte que l'équilibre du régime est menacée. Qui peut comprendre cela ?
Cela fait partie de toutes ces inepties et incompréhensions, elles sont très nombreuses, répétées  depuis 30, 40 ans que ne comprennent pas les Français et qui alimentent aussi la crise des gilets jaunes !
Quand Monsieur le Président, Messieurs les Députés, Sénateurs, Monsieur le Premier Ministre et le gouvernement, songerez vous à interdire à vos énarques et polytechniciens ces tours de passe passe monstrueux, ces inepties, qui nous ont conduits dans l'impasse ?
4) Les régimes spéciaux et avantages exorbitants  de la SNCF, RATP, EDF, Banque de France, etc......
Le Président a conduit courageusement la réforme de la SNCF. A quand plus de justice entre salariés en "réduisant" une fois pour toutes les avantages exorbitants de certains salariés. Quand est ce que nos énarques et polytechniciens et notre classe politique oseront t-ils s’attaquer à ces privilèges qui ne sont plus de mise à une époque où les Français souffrent ! Evidemment, mission très difficile qui  risque d’entraîner de graves conflits sociaux et pour laquelle il faudra davantage de courage à notre classe politique qui depuis 30, 40 ans, laisse perdurer ces situations indéfendables et détestables, qui minent le pays. Idem, pour le calcul des retraites des salariés du privé et du public qu'il faut absolument harmoniser, afin de lever toute ambiguïté et de créer de la justice et de l'égalité. Cela ne veut pas dire tout niveler et tout uniformiser. Le seul critère à prendre en compte me semble t-il est le % de retraite par rapport au dernier revenu d'activité, obtenu par les uns et les autres. Tout le reste, le débat sur les derniers 6 mois ou les 25 ans, l'absence des primes dans le calcul de la retraite des fonctionnaires n'est que littérature !
Quand Monsieur le Président, Messieurs les Députés, Sénateurs, Monsieur le Premier Ministre et le gouvernement, songerez vous à mettre de l'ordre, en  mobilisant vos énarques et polytechniciens pour cette juste cause ?
 
5) L'abêtissement général
Au delà des problèmes de pouvoir d'achat, le travailleur et le retraité, l'ensemble de la population aspirent à un peu de quiétude lors de ses moments de détente chez lui. Quand ferez vous cesser ces appels téléphoniques de démarchage commercial toute la journée, souvent au moment des repas, ces jeux idiots à la télévision, avec des question idiotes dont le seul but est d'augmenter le chiffre d'affaires des opérateurs téléphoniques. Je peux également citer la confiscation des retransmissions télé de foot ou autres sport, par les opérateurs animés uniquement par le gain. Maintenant il faut s'abonner pour voir un match de foot, sinon rien ! Sans parler des fans de foot qui paient des prix de billet extravagants au stade afin de nourrir leurs idoles payées des centaines de milliers d'€ mensuels. Sans oublier sur certaines chaînes de télé l'inflation de publicité et la coupure d'un film à 3 ou 4 reprises par des écrans publicitaires ! Tour cela participe aussi au mal être général de cette société où les pouvoirs publics, les institutions restent très passives, si parfois elles ne sont pas de complices !
Quand Monsieur le Président, Messieurs les Députés, Sénateurs, Monsieur le Premier Ministre et le gouvernement, songerez vous à mettre de l'ordre, en  mobilisant vos énarques et polytechniciens pour cette juste cause ?
 
6) L'agriculture
Elle participe très fortement à nourrir le peuple et à façonner nos beaux paysages. En retour, la grande distribution, les pouvoirs publics, ne lui laissent que des miettes avec des revenus et une retraite de misère, qui récompensent mal leur dur labeur. C'est pourtant une activité plus qu'indispensable à notre société !
Quand Monsieur le Président, Messieurs les Députés, Sénateurs, Monsieur le Premier Ministre et le gouvernement, songerez vous à mettre éradiquer cette injustice une fois pour toutes ?
7) L'EUROPE
 Pour essayer d'être complet, même si le sujet de cette crise suppose encore de nombreux autres développements, que dire de cette Europe édifiée aux forceps par Charles DE GAULLE et Konrad ADENAUER, au lendemain de la 2° guerre mondiale. Depuis plus de 70 ans, elle a été le garant de la paix pour nos générations, alors que celles de nos parents et grands parents ont connu le désastre et des millions de morts ! Qu'en ont fait les successeurs de Charles DE GAULLE et Konrad ADENAUER, avec leurs hordes de députés, de commissaires et aussi de technocrates, cette fois ci européens, censés représentés le peuple. Dites le moi, à veille des élections européennes où le populisme et l'extrême droite risquent de menacer fortement nos démocraties !
 
Monsieur le Député, vous le savez bien, vous pouvez investir dans votre maison votre fortune afin de la rendre fonctionnelle, confortable, belle, agréable, conforme à vos aspirations légitimes. Si au départ, vous avez négligé les fondations, votre maison s'écroulera et  tout votre investissement s’envolera rapidement en fumée. N'en déplaise à nos institutions et pouvoirs publics, depuis le Général DE GAULLE et Georges POMPIDOU, depuis 30, 40 ans  nos élus et technocrates ont négligé l'édification des bases solides à cette société, n'ont pas réalisés les réformes sociétales, économiques, sociales indispensables pour coller à l'évolution du monde, qui auraient permis d’assurer un emploi à chacun, de présenter une dette raisonnable, de préférence consacrée à l'investissement, et de venir en aide aux plus démunis. Faute d'avoir fait cela et de penser surtout pour les uns à leur réélection, pour les autres à leur carrière, au détriment de l'intérêt général, nous en sommes arrivés à cette crise des gilets jaunes. Peut être est-ce exagéré, je sais qu'il y a des élus et des fonctionnaires entièrement dévoués à la cause publique et à l'intérêt général, mais malheureusement je n'ai pas l’impression qu'ils  sont  majoritaires !
 
Voilà Monsieur le Député, avec la précédente contribution que j'ai transmise au Président de la République les éléments que je voulais porter à votre connaissance dans le cadre de grand débat national. J'espère que cela pourra être utile et me tient à votre disposition, si besoin était.
 
Merci pour votre attention.
 
Cordialement
Annexes : Cliquez sur la première lettre soulignée pour ouvrir l'annexe.
Lettre Président République
Annexe lettre Président
Réponse Président
 
Jean Paul OSTERMANN
20, chemin du Rebberg
68140 STOSSWIHR
 
tél : 03 89 77 56 88
       06 02 59 87 02