Une fois n'est pas coutume, les habitants de STOSSWIHR, se sont déplacés nombreux au monument aux morts pour célébrer le centième anniversaire de l'armisitice du 11 novembre 1918, au pied du REICHSACKERKOPF, lieu de terribles combats en 1915, qui ont vu le sacrifice de milliers de chasseurs alpins.

Cerise sur le gâteau, la présence de nombreux jeunes parmi le public, reconnaissant envers les poilus qui ont combattu afin que soient préservées la liberté et la démocratie qui nous sont si chères. Les très jeunes des écoles de STOSSWIHR étaient également de la partie, comme à chaque commémoration, sous la houlette de leurs dévoués professeurs. Ainsi cette modeste célébration dans une petite Commune de France témoigne, s'il en est besoin, que la flamme n'est pas totalement éteinte, à une époque ou les nationalismes et les populismes ressurgissent, en nous rappelant les affres du passé......et en attisant nos peurs pour l'avenir.

Hélas le sacrifice de nos chers "poilus" n'a pas servi de leçon, puisque 21 ans après, en 1939 fut déclarée la deuxième guerre mondiale. Georges CLEMENCEAU, le père de la victoire en 1918 avait bien pressenti la suite des évènements en déclarant alors : " le plus difficile n'est pas de gagner la guerre, mais de gagner la paix". 

L'histoire nous rappelle aussi que les peuples ont toujours payé la légèreté, l'irresponsabilité, l'incurie,  souvent l'incompétence et l'inconséquence de la classe politique, incapable de construire une société qui préserve la paix. Les carences de l'Europe aujourd'hui en témoignent et ne sont pas là pour nous rassurer !

Dommage dans ces célébrations que le drame de l'Alsace Lorraine n'ait pas été rappelé. Ainsi en ce centenaire de l'armistice de la première guerre mondiale, Madame Geneviève Darrieussecq, Secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants aurait pu rappeler, à travers son message lu durant les cérémonies commémoratives, que les alsaciens lorrains ont combattu sous l'uniforme allemand, suite à la défaite militaire de 1870 contre la Prusse, et l'annexion de l'Alsace Lorraine par le Reich.

 Madame  la secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées a choisi d'occulter les vicissitudes de l'histoire et la responsabilité de nos "va t-en guerre" dans cet épisode douloureux pour les alsaciens-lorrains, malgré la demande de quelques parlementaires alsaciens. Dommage, cela est notre histoire tragique. Il était important de le souligner.

Idem pour la 2° guerre mondiale et le drame des incorporés de force, encore une fois victime de l'incapacité de la France et de ses alliés de stopper le bellicisme de l'Allemagne en 1940, qui pourtant avait été vaincue et était exsangue en 1918.

Pourtant l'Europe est en paix depuis plus de 70 ans, comme l'a rappelé le Président Emmanuel MACRON, dans ses différentes interventions à l'occasion des commémorations du centième anniversaire de l'armistice du 11 novembre 1918. Et cela grâce à l'EUROPE, voulue par le Général DE GAULLE et le chancelier Konrad ADENAUER, au lendemain de la 2° guerre mondiale.

Malgré ses très nombreuses imperfections dans les domaines socio-économiques, de l'immigration, de la défense, malgré la trop grande désinvolture affichée par les parlementaires européens, elle a su contribuer à préserver la paix entre les peuples européens. Ne l'oublions pas et faisons preuve de lucidité lors des très prochaines élections européennes. L'enjeu est la pérennisation de la paix pour l'avenir.

Jean Paul OSTERMANN